Billetterie

Bernie

de Albert Dupontel , France , 1996

Bernie (Albert Dupontel), orphelin fruste et névrosé, quitte l’orphelinat où il est resté travailler depuis ses 18 ans. Son but : apprendre la vérité sur sa naissance. Devant le refus de l’administration de lui communiquer son dossier, il cambriole la DDASS et y découvre une effarante vérité : on l’a trouvé dans une poubelle, probablement jeté par ses parents.

 

BERNIE-visuel

 

Que faire quand on n’a aucune histoire, que l’on est, à peine né, rejeté violemment par ses géniteurs ? Bernie s’invente une autre version de la réalité. Il ne peut en être autrement : ses parents sont victimes d’un complot, il a été enlevé et ses ravisseurs se sont débarrassés de lui. Aujourd’hui, ses parents sont en vie et ont besoin de son aide. Lorsqu’il s’invente une vie meilleure, il la choisit de type "polar à l’américaine".

Pour son premier long métrage, Albert Dupontel, révélé par ses prestations sur les planches et à Canal +, décide de filmer des personnages affreux et méchants. Dans une société qui organise tout, il a une grande affection pour les "hors-normes" : « Heureusement, il reste les branques, qui de toute façon ne comprennent rien, ont leur logique à eux. Pour moi, c’est comme un souffle d’air, un vent qui passe. J’ai une tendresse pour ces gens-là. Leur folie est un pied-de-nez aux institutions quelles qu’elles soient, politiques, religieuses, économiques. De ce fait, Bernie a toutes les excuses de la terre. » (Albert Dupontel). Dans sa quête d’identité, Bernie retrouve un père semi-SDF et une mère bourgeoise coincée. Son périple est ponctué d’accès de violence soudaine. Car Bernie, brutal, a le coup de pelle plutôt leste.

Bernie aurait pu devenir un film culte, à la manière de C’est arrivé près de chez vous de Benoît Poelvoorde, André Bonzel et Rémy Belvaux. Mais la critique ne l’a pas entendu de cette oreille. Son aspect anticonformiste, grand-guignolesque, son ton dévastateur, semblèrent vains pour certains. Albert Dupontel transgresse les codes, et dans une esthétique déformante et très noire (due au traitement de l’image et à un négatif sans blanchiment), livre un reflet violemment grossi de la société. Le propos – grandir sans nom et sans passé – est très amer et le rire est ici révélateur d’une profonde noirceur.

Bernie
France, 1996, 1h25, couleurs, format 1.85

Réalisation : Albert Dupontel             
Scénario : Albert Dupontel, Gilles Laurent
Photo : Guillaume Schiffman               
Musique : Ramon Pipin ; Nommi, Noir Désir
Montage
: Juliette Welfling                   
Décors : Laurent Allaire
Costumes : Chattoune
Production : Philippe Liégeois, Jean-Michel Rey, Rézo Films, Caroline Production, Contre Prod, Le Studio Canal+, Kasso Inc. Productions, FCC – Ulysse Films
Interprètes : Claude Perron (Marion), Albert Dupontel (Bernie), Roland Blanche (Willis), Hélène Vincent (la mère de Bernie), Roland Bertin (le père de Marion, Ramonda), Paul Le Person (le concierge), Catherine Samie (Mamoune Clermont)

Sortie en France : 27 novembre 1996

 

Séances
Icone Billet 17ACHAT ve 16 15h - Institut Lumière
En présence d’Albert Dupontel

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