Billetterie

Falsch

de Jean-Pierre & Luc Dardenne , Belgique, France , 1986

La nuit va tomber lorsqu’un quadrimoteur atterrit sur la piste d’un aéroport de campagne. L’avion s’immobilise. En descend un seul passager : Joe (Bruno Cremer), le dernier survivant d’une famille juive, la famille Falsch. C’est avec elle pourtant qu’il a rendez-vous cette nuit, quarante ans après son départ de Berlin pour New-York en 1938. Dans la salle des arrivées de l’aéroport, tout le monde est là.

 

FALSCH-visuel

 

« La théâtralité est un passage à l’irréel qui produit une vérité plus prégnante. Le faux comme accès au vrai. » (Luc Dardenne, Au dos de nos images, 2005-2014, Seuil). En 1987, après avoir réalisé plusieurs documentaires, les frères Dardenne décident d’aborder la fiction dans un long métrage. Ils reviennent à leurs années de formation auprès du dramaturge Armand Gatti, et décident de filmer Falsch, pièce inachevée de René Kalisky. Passer à la fiction avec les mots des autres avant de signer leurs propres œuvres : l’entreprise est audacieuse. L’œuvre de Kalisky est longue, complexe, mais met à jour une langue superbe, un discours à la fois poétique et violent.

Dans une zone de transit, Joe retrouve les siens : ses parents, sa petite sœur, ses frères… Mais aussi Lili, son amour de jeunesse, fille d’un fonctionnaire nazi, morte sous les bombes. Car ce sont les fantômes de sa famille disparue qui l’accueillent. Dans une nuit bleutée, une nuit de planches, Jean-Pierre et Luc Dardenne filment ces retrouvailles dans un lieu clos (le tournage a lieu à l’aéroport d’Ostende, de nuit), propice à une parole libérée. Les corps entrent et sortent d’un espace vide où leur voix se fait entendre.

« Pourquoi les as-tu menés à la mort ? » La réunion de famille glisse vers le procès du père, qui en bon Allemand, n’a pas fui son pays, condamnant de fait les siens à périr dans les camps de concentration. Falsch oscille entre rancœur, culpabilité et pardon. Si elle est une métaphore de l’histoire du peuple juif, l’histoire des Falsch a aussi vocation universelle. Elle interroge la mémoire, la transmission, l’extinction d’une lignée (Joe, sans enfants, voit s’éteindre la mémoire ancestrale).

Ni théâtre filmé, ni adaptation, Falsch permet aux Dardenne d’explorer les rapports entre théâtre et cinéma. Et de poser la base de leur œuvre à venir : la filiation. « Notre propos n'est pas de dire : comment va-t-on arriver à faire cinéma avec ce foutu texte de théâtre, mais de chercher un style, une écriture cinématographique qui parte de ce texte, qui vienne de sa confrontation avec lui, qui garde dans l'image la tension entre la scène et l'écran. Dans cette adaptation, nous essayons d'être fidèles à cet adage selon lequel le privilège d'une œuvre adaptée est de pouvoir naître deux fois. » (Jean-Pierre et Luc Dardenne)

Falsch
Belgique, France, 1986, 1h25, couleurs, format 1.66

Réalisation & scénario : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne, d’après la pièce éponyme de René Kalisky
Photo : Walther van den Ende
Musique : Jean-Marie Billy, Jan Franssen
Montage : Denise Vindevogel 
Décorateur : Wim Vermeylen
Costumes : Colette Huchard
Chorégraphe : Nicole Hanot
Production : Dérives, RTBF, Arcanal, Théâtre de la Place
Interprètes : Bruno Cremer (Joe), Jacqueline Bollen (Lilli), Nicole Colchat (Mina), Christian Crahay (Gustav), Millie Dardenne (Bela), Bérangère Dautun (Rachel), John Dobrynine (Georg), André Lenaerts (Ruben), Christian Maillet (Jacob), Jean Mallamaci (Benjamin), Gisèle Oudart (Natalia), Marie-Rose Roland (Daniella), François Sikivie (Oscar)

Présentation au Festival de Cannes : mai 1987
Sortie en Belgique : janvier 1987

Distribution : Les Films du Fleuve

 

Séances
Icone Billet 17ACHAT je 15 21h45 - Pathé Bellecour

Ce site nécessite l'utilisation d'un navigateur internet plus récent. Merci de mettre à jour votre navigateur Internet Explorer vers une version plus récente ou de télécharger Mozilla Firefox. :
http://www.mozilla.org/fr/firefox